- Détails
- Écrit par Seb
- Création : 20 septembre 2026
- Affichages : 51
Participants: Tienou, Seb
Septembre 2022 : but au pied du départ avec Géraud, Anna, Seb et Tienou , trop d’hésitations et un retour plein de frustrations.
Juillet 2026, à Panticosa, avec Tienou, on se rappelle mutuellement ce projet et on se donne rendez-vous en septembre.
Septembre 2026 : après un été sans grimper, la motivation est toujours là, le beau temps aussi, mais également les appréhensions devant un itinéraire pas forcément évident sur le papier, avec notamment deux longueurs dans une dalle de schistes « friables » et peu protégeable.
On topote tout ce que l’on trouve : l’ancien CR des Grimperoots (décrivant mieux mieux l’ apéro de la veille que la voie, à croire qu’il n’y a rien a raconter de spécial 😊 ), un joli croquis de la voie, le topo Camptocamp (pas très clair) et le topo de F. Laurens, plus clair et accompagné du croquis de la voie.
Le vendredi soir, je récupère les friends de Niko pour doubler les miens. Le topo est stabilossé, mais avec Etienne nous sommes quand même dans nos petits souliers.
Samedi, départ tardif pour rejoindre le refuge de Baysselance pour 18h00. Montée rapide, la montre de Tienou bipe à tout va ( l’alcool de l’été …) . Au refuge, on retrouve un groupe du CAF de Bordeaux. L’occasion d’un joli quiproquo avec Lynn, avec qui nous sommes persuadés d’avoir passé une soirée mémorable au 140 !
Je rectifie : Seb me dit qu’on a passé la fameuse soirée au 140 avec elle.
Je vais donc la voir à l’apéro pour lui demander si elle se souvient qu’on a passé "une soirée ensemble". Elle semble hésiter, presque gênée (ses potes doivent se demander comment elle a pu passer la soirée avec un chauve ). Le quiproquo nous a permis de comprendre qu’on s’était un peu trompé de personne, désolé Lynn!
Ils ont le même objectif et ne sont pas contre le fait que l’on ouvre la voie devant eux. Pendant que Tienou branche des Écossaises ( 60-70 ans mais ça me permet de travailler mon anglais ) , je profite d’un verre de champagne offert pour les 50 ans d’un Cafiste.
Après une très bonne nuit sous la tente, petit-déjeuner à 6h30 au refuge. Etienne piaffe d’impatience pendant que je finis de me préparer. (Oui c’était lonnnnng , mais chacun son rythme et puis en a dit « cool ce we » )

On arrive à la hourquette d’Ossoue et on constate qu’une cordée est déjà au pied de la voie. Pas d’inquiétude, le temps que l’on y arrive, ils seront partis.
Que nenni !

Il leur faudra une bonne heure pour partir, le temps de bien nous refroidir et que Lynn et Damien nous rejoignent.
Mais Etienne est chaude patate et attaque la première longueur par la fissure, en s’entraînant à mettre les friends.
(j’ai été content de ne penser qu’à la grimpe et content que la fissure commence à 4 m au-dessus de ma tête , à gauche de l'espagnole en noir, pour poser un petit coinceur pour mon cerveau. Ensuite j’ai suivi la fissure bien protégeable et avec quelques surprises : 2 Pitons rouillés mais bon. Une longueur de 60 mètres et un relais sur 1 piton + friend.
Il fait trop froid pour que je mette les chaussons. Je décide de grimper avec les grosses et mes gants. On a choisi de monter en réversible.
Je poursuis mais fais ma seule erreur de la journée. Plutôt que de rejoindre les deux Espagnols, toujours au relais au pied de L2, je continue la traversée sur la terrasse. Je fais relais sur deux friends, j’en rajoute un troisième vu la qualité du rocher.
Erreur.
J’aurais mieux fait de faire demi-tour ( je confirme d’autant que le relais sur 3 friends coincés derrière une grosse écaille douteuse ne m’inspirent pas du tout confiance malgré le respect que j’ai pour Seb )

Je me retrouve obligé de monter dans un assemblage pas très cohérent de lames de schistes noires qui n’ont qu’une envie : tomber au pied de la voie et m’entraîner avec elles ( et moi avec... je prie pour qu'il ne me fasse pas une Seb à cet endroit …)
Je passe délicatement ce passage tordu et rejoins les Espagnols, toujours au relais.
On aura eu le temps de tirer deux longueurs qu’ils n’auront pas bougé d’un mètre.
J’attaque L2 au moment où nos amis espagnols quittent enfin le relais pour rejoindre le filon d’ophite. Nous continuons en réversible, avec Tienou à un rythme de sénateur qui nous laisse le temps de profiter de l’ambiance incroyable du lieu.( Maagniiiffique !)
Le filon d’ophite se remonte assez facilement, avec quelques pitons en place complétés par un ou deux « amis ».

La longueur suivante quitte rapidement le filon pour partir dans la dalle de schistes blancs. Il y a quelques prises « fragiles », mais on reste dans du facile. ( facile facile facile mais avec une cordée devant nous comme dit Niko , on ne cherche pas beaucoup... mais y a pas grand-chose à chercher qf même)

Je tombe par hasard sur le relais en voulant placer un friend. Il est pourtant bien là : deux pitons, un noir et un en acier, dans une fissure verticale au-dessus d’une vague terrasse. Une longueur de 60 mètres et nous voilà à côté du gendarme.
L6 est courte. On rejoint le fil de l’arête par une traversée puis on remonte le mur vertical à droite du fil de l’arête. Un piton protège bien le passage.

R6 est installé sur deux pitons, sur une belle terrasse au pied de la cheminée ocre.
J’attaque L7 en pensant faire 25 mètres comme le dit le topo, avec à ma droite une vue splendide sur le glacier qui fond,

je me retrouve rapidement dans la cheminée. Je visualise a ma gauche le coin en bois cassé et à ma droite le piton rouillé. Je décide de poursuivre dans la cheminée parfois bien étroite et nous voilà rapidement bout de corde a 60m et un tirage de malade.
Après hésitation pour doubler la cordée qui nous précède je fais un relai sur sangle sur un gendarme.
on retrouve enfin le soleil au-dessus des séracs. Après toute cette grimpe à l’ombre et dans le froid, ça fait du bien ! voire trop chaud
De là, l’arête devient aérienne mais facile. Plus de 60 mètres en corde tendue, sur une arête en II qui finit par se coucher. Et comme nos amis cafistes commencent eux aussi à piaffer d’impatience, je pousse Etienne à finir à corde tendue.
Bon, 60 mètres de corde, ce n’est pas l’idéal.
Il fait un relais sur sangle au niveau de l’épaule. Je termine cette fois-ci à corde tendue, en dépassant la première cordée.
Sortie de la partie grimpante, la sortie dans un couloir à gauche semble évidente, mais Etienne n’en a pas encore assez et nous fait une « Pat » : il part tout droit dans la pente.
Quinze mètres plus loin :
« Miaou – miaou »
En fait je fais une grosse erreur de lecture et me retrouve dans de la merde de de petits morceaux de rocher péteux. Je me retourne et Seb est 10m en dessous sur une petite vire bien safe. Je délove et me fais un petit rappel autours d’un bloc pour rejoindre Seb.
On s’encorde à 30 mètres et je pars dans ce couloir pour rejoindre le sommet. Le vallon est incliné mais compact, parcouru par un large filon d’ophite. Quelques pas de II sur un peu plus de 100 mètres permettent de rejoindre la voie normale, à une vingtaine de mètres sous le sommet.

Encore quelques pas et nous voilà au sommet du Petit Vignemale ou nous rejoignent Lynn et Benoit. 9h de voie au lieu de 5 h mais c’est bon ! on l’a fait et c’était pas aussi pire que nous l’avions imaginé 😉
La sortie sur CamptoCamp : https://www.camptocamp.org/outings/1951278/fr/petit-vignemale-eperon-n
LA sortie de 2011 : https://www.grimperoots.fr/j3/index.php/298
le croquis quinous a bien aidé : https://sasa8000.blogspot.com/2010/10/vignemale-espolon-norte-al-petit.html
